La peur s'en est allée

Ma., 19 ans, est l’un des espoirs du cyclisme français et il sera sans nul doute recruté par une équipe professionnelle dans un avenir assez proche. Sa spécialité c’est le sprint. Il est venu me voir à mon cabinet parce que, me raconte-t-il, chaque fois que la route est mouillée, et même simplement humide, il a peur de glisser, de chuter, peur que devant lui d’autres coureurs glissent et tombent. Dans de telles circonstances, il perd toutes chances de gagner la course. Un vrai handicap donc, pas seulement sur le plan strictement sportif mais aussi dans la perspective d’une carrière qui pourrait être ainsi compromise.

A cette époque, nous sommes à l’intersaison.

Après les séances d’acclimatation et d’apprentissage des techniques de base de la sophrologie (sophronisation, déplacement du négatif,…) et après avoir insisté sur la respiration abdominale, nous avons fait de manière répétée la même séance qui incluait le choix d’un geste signal, choix fait dans un contexte de détente, de paix intérieure. Nous avons ensuite laissé venir un tout petit peu la peur pour la tenir à distance grâce au geste signal : ce ne sont pas nos émotions qui gouvernent notre vie.

Ma. eut de moins en moins peur lors de ses sorties d’entraînement jusqu’à ne plus avoir peur du tout, même s’il restait à le vérifier en situation réelle de course. Nous avons alors fait quelques séances de futurisation : il racontait à ses proches, à son coach, à ses amis qu’il avait gagné la course.

Tout cela nécessita dix séances. Et un sportif comprend très vite le langage du sophrologue quand il s’agit d’entraînement. Ma. fut donc un « élève » très appliqué entre les séances.

La saison 2015 vient de commencer. Premières compétitions, premières routes mouillées. Ma. est libéré de sa peur, vient-il de m’écrire par sms.

Un dernier point : nous avons fait les premières séances en présentiel. Je me rendais à son domicile. Puis, à cause de la distance qui nous séparait, nous avons fait la presque totalité des autres séances par Skype.